GERMAINE TILLION, ETHNOLOGUE RESISTANTE (1907-2008)
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Mention(s) de responsabilités Rédacteur : Cassola Virginia
Conseiller scientifique : Association Germaine Tillion
 
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Résumé Germaine Tillion (1907-2008) est entrée au Panthéon le 27 mai 2015. Ethnologue, résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a passé sa vie « à la recherche du vrai et du juste ». Elle incarne l’idéal de la poursuite de la recherche scientifique et des combats à mener pour la liberté et l’égalité. Le musée de l’Homme lui rend hommage en désignant l’un de ses espaces par son nom : le Centre de ressources Germaine Tillion.
Date de production 17/10/2015
Numéro d'inventaire DT-MHCDR-0006
 
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Période(s) Epoque contemporaine (1800 - 2 000), Aujourd'hui / Epoque actuelle (2000 et +)
 
Dans la même collection : LE MUSEE DE L'HOMME ET LA RESISTANCE
Germaine Tillion, une ethnologue en Algérie (1934-1939) 

Germaine Tillion est née le 30 mai 1907 à Allègre, dans le Puy-en-Velay. Après des études à l’Ecole du Louvre, elle suit les cours du sociologue Marcel Mauss à l’Institut d’ethnologie dont elle sort diplômée en 1932. La même année, elle se rend en Allemagne où elle assiste à la montée du nazisme. Elle débute sa carrière d’ethnologue en 1934 lorsque Marcel Mauss la recommande à l’Institut international des langues et civilisations africaines alors que Thérèse Rivière, responsable du Département « Afrique Blanche et Levant » du musée d’Ethnographie du Trocadéro, dans l’Aurès (Algérie) est désignée pour la même mission par Georges Henri Rivière, sous-directeur du musée. Leur mission a pour objectif d’étudier la population Chaouïa et d’en connaître les usages, croyances et techniques afin de rendre possible une collaboration plus féconde et plus humaine. Lorsqu’elles arrivent sur place en décembre 1934, leurs missions respectives sont bien définies : Thérèse Rivière a en charge l’étude de la culture matérielle chaouïa, Germaine Tillion analyse le système de parenté, la vie sociale et les mythes de la tribu des Ah-Abderrahman. Après la « mission Dakar-Djibouti » lancée en 1931 par l’Institut d’ethnologie et le musée d’Ethnographie du Trocadéro, la mission Rivière-Tillion dans l’Aurès est la deuxième mission à disposer d’un matériel technique qui permet les prises de vue photographiques et l’enregistrement audiovisuel. Pendant deux ans, Thérèse Rivière et Germaine Tillion réalisent plusieurs milliers de photographies qui accompagnent leurs carnets de terrain et de dessin.

Entre 1937 et 1939, Germaine Tillion retourne à Paris et suit de nouveaux cours à l’Institut d’ethnologie. Elle obtient un diplôme des Hautes-Etudes avec un mémoire de recherche intitulée « la morphologie d’une république berbère : les Ah-Abderrahman transhumants de l’Aurès méridional ». Elle repart dans l’Aurès d’août 1939 à mai 1940, décidée à poursuivre l’étude de ce sujet par une thèse de doctorat sur l’ensemble des tribus du pays Chaouïa. Entre temps, les Alliés (France, Royaume-Uni, URSS et Etats-Unis) déclarent la guerre à l’Allemagne nazie en septembre 1939, et le maréchal Pétain accepte, en juin 1940, un armistice et l’occupation de la France par l’Allemagne. La volonté de Germaine Tillion de poursuivre ses recherches ne faiblira pas, malgré ses engagements auprès de la Résistance française.

« Pour moi, la résistance consiste à dire non. Mais dire non, c’est une affirmation. C’est très positif, c’est dire non à l’assassinat, au crime. Il n’y a rien de plus créateur que de dire non à l’assassinat, à la cruauté, à la peine de mort. »

 
 
Germaine Tillion, une femme dans la Résistance (1940-1942) 

En juin 1940, la décision du maréchal Pétain de signer un armistice avec l’Allemagne et d’accepter l’occupation d’une grande partie du territoire de la France n’est pas accueillie favorablement par une partie de la population française. Dès l’annonce de l’armistice le 14 juin, puis l’ « appel » du général de Gaulle le 18 juin, des mouvements de résistance spontanés se mettent en place. Ces mouvements deviennent rapidement des « secteurs » implantés sur l’ensemble de la zone occupée, ainsi que dans certaines villes de la zone libre (Bordeaux, Perpignan, Toulouse, Lyon, Vichy). Ils regroupent plusieurs dizaines d’hommes et de femmes décidés à résister à l’ennemi par tous les moyens.

Germaine Tillion s’engage dans un de ses secteurs dès l’annonce de l’armistice par Pétain qui, raconte-t-elle, lui donna la nausée. Elle se met en contact avec le colonel Paul Hauet, qui dirige alors une association d’Union Nationale des Combattants Coloniaux. L’association devient rapidement la vitrine légale d’une structure clandestine, dont la mission est de porter assistance aux prisonniers de guerre originaires des colonies. Dans leur mission, Germaine Tillion et le colonel Hauet sont en contact avec Charles Dutheil de La Rochère, spécialiste en renseignement. Au même moment, Yvonne Oddon, bibliothécaire du Musée de l’Homme et amie de Germaine Tillion, l’informe de la constitution d’un secteur de résistance au musée. Celui-ci, fondé par Boris Vildé et Anatole Lewitsky, est opérationnel à l’été 1940, et est soutenu moralement par le fondateur et directeur du Musée de l’Homme, Paul Rivet, lui-même engagé et contraint à l’exil.

Ces trois secteurs de résistance formnte le groupe « réseau du Musée de l’Homme-Hauet-Vildé » et regroupent alors près de 200 membres. Leurs activités sont variées : évasion de prisonniers (faux certificats de maladie, recrutement de passeurs), propagande (édition et diffusion de tracts, des journaux Résistance et Vérité française dès septembre et décembre 1940) et renseignement (collecte d’informations et leur acheminement vers Londres). Toutefois, la soudaineté de la création de ces réseaux, dont celui de Musée de l’Homme, est à l’image de la rapidité des premières arrestations qui vont s’intensifier à la fin de l’année 1940 et au début de l’année 1941, jusqu’au démantèlement du réseau du Musée de l’Homme. Jusqu’en 1942, Germaine Tillion maintient seule avec Paul Hauet les missions de l’Union Nationale des Combattants Coloniaux et continue d’établir le contact avec d’autres secteurs. Pour l’historien Julien Blanc :

« Germaine Tillion joue un rôle essentiel d’interface et d’échangeur, mettant en relations les uns avec les autres, cherchant toujours à venir en aide à ceux qui sont en danger ».

 
 
Germaine Tillion, une ethnologue engagée à Ravensbrück (1942-1945) 

Le 13 août 1942, Germaine Tillion est arrêtée à la gare de Lyon à Paris, sur dénonciation du prêtre Robert Alesch. Avec dix-huit autres personnes, elle est accusée de propagande anti-allemande, espionnage et intelligence avec l’ennemi. Germaine Tillion envoyée à la prison de la Santé où elle reste deux mois, avant d’être transférée dans la prison de Fresnes pour une année en qualité de « prisonnière NN » (pour Nacht und Nebel – Nuit et Brouillard) – une expression qui désigne les prisonniers politiques tenus sous stricte surveillance et non informés de leur sort. Elle continue de rédiger sa thèse qui ne l’avait pas quittée, tandis que de mai 1943 à mai 1946, le musée de l’Homme, à l’initiative du linguiste Jacques Faublée, présente les objets qu’elle et Thérèse Rivière avaient collectés dans l’Aurès algérien, dans une exposition temporaire intitulée L’Aurès. Le 21 octobre 1943, Germaine Tillion est déportée au camp allemand de Ravensbrück. Le manuscrit de sa thèse et les documents liés sont confisqués et disparaissent avec le trésor du camp de Ravensbrück.

Entre 1934 et 1945, le camp de concentration de Ravensbrück, situé à 80 km au nord de Berlin, réservé aux femmes, fournit une main-d’œuvre aux industries d’armement allemandes et aux mines de sel. Près de 132 000 femmes et enfants y sont déportés, dont 90 000 sont exterminés. Dans le camp, Germaine Tillion est classée souvent dans la catégorie des Verfügbar, celle des prisonnières sans affectation, alors disponibles pour toutes sortes de travaux occasionnels dont le déchargement des trains. Germaine Tillion entreprend alors une étude ethnographique et sociologique du camp dont l’économie est basée sur la main-d’œuvre féminine : les femmes doivent travailler dur pour leur survie, mais une fois épuisées, elles payent de leurs vies ; elle fait part à ses compagnes des résultats de ses observations, ce qui exerce sur elles un effet bienfaisant. En octobre 1944, cachée dans une caisse d’emballage, elle rédige Le Verfügbar aux Enfers, une « opérette-revue » qui tourne en dérision la vie des détenues ; elle est aussi le résultat du travail d’observation de l’ethnologue qu’est Germaine Tillion. L’œuvre mélange des descriptions de détention des Verfügbar et des extraits d’airs populaires que Germaine Tillion et ses compagnes avaient en mémoire. Sa mère la rejoint à Ravensbrück le 31 janvier 1944, avant de mourir dans la chambre à gaz en mars 1945 avec d’autres femmes. Germaine Tillion aurait pu faire partie de ce groupe voué à la mort mais, gravement malade, elle parvient à se cacher à l’infirmerie auprès de son amie l’Allemande Grete Buber-Neuman. Le 23 avril 1945, la Croix-Rouge suédoise réussit à s’introduire dans le camp et obtient la libération de Germaine Tillion et de nombreuses autres femmes françaises. Le 17 avril 2015, qui marque le 65e anniversaire de la libération du camp, Le Verfügbar aux Enfers y est présenté.

 
 
 
Germaine Tillion, une personnalité à la recherche du vrai et du juste (1945-2008) 

À son retour de Ravensbrück, Germaine Tillion reprend son étude ethnographique du camp dont elle publiera une première version en 1946, qui sera transformée en ouvrage d’abord en 1973, puis de nouveau en 1988. En parallèle, elle mène une étude sur les femmes déportées de France, pour laquelle elle réussit à réunir les noms de 8 000 femmes, et a constitué une base de données du ministère des Anciens Combattants. En juillet 1945, elle assiste au procès de Pétain, avant d’être nommée, en 1946, « liquidatrice nationale ». Elle est alors chargée d’authentifier le statut des membres du Musée de l’Homme engagés dans des activités de résistance, afin de régulariser leurs pensions au titre de combattant volontaire de la Résistance. Elle enregistre le secteur sous le nom de « Réseau du Musée de l’Homme-Hauet-Vildé », sans insister sur son propre rôle.

« Ce jour-là, dans les locaux de la France combattante, entre deux portes, on me pria de donner un nom à notre organisation et c’est alors que, sur les fonts baptismaux, je l’ai appelée réseau musée de l’Homme. Pourquoi ce nom ? Parce que lorsque nous parlions de nos premiers morts, nous disions « ceux du musée »…

« Le réseau musée de l’Homme », in A la recherche du vrai et du juste. A propos rompus avec le siècle, textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov, Paris, Seuil, 2001, p.145

À partir des années 1950, Germaine Tillion s’engage aux côtés des populations civiles d’Algérie. En novembre 1954, elle obtient l’autorisation de se rendre de nouveau dans l’Aurès et de réfléchir au sort de ces populations qui connaissent alors un sursaut de violence conduit par le Front de Libération Nationale (FLN). En février 1955, Jacques Soustelle, gouverneur général d’Alger et ancien sous-directeur du Musée de l’Homme en 1938, la nomme chargée de mission pour la conception et la mise en œuvre de projets de réforme, dont la construction de centres sociaux. Les nouvelles expériences algériennes de Germaine Tillion sent exposées dans ses ouvrages L’Algérie et 1957 et Les ennemis complémentaires. En 1958, Germaine Tillion est élue directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), dans le domaine de l’ethnographie du Maghreb. De 1960 à 1974, elle mène seize missions scientifiques au Maghreb, au Moyen-Orient et en Inde. En 1966, elle publie Le Harem et les cousins, ouvrage d’ethnologie méditerranéenne comparée. En 2000, paraît un autre ouvrage, Il était une fois l’ethnographie, qui restitue quelques éléments de ses études des années trente, portant sur les Chaouias.

Germaine Tillion décède le 19 avril 2008, dans sa 101e année. Du 30 mai au 8 septembre de la même année, le Musée de l’Homme lui consacre l’exposition temporaire Germaine Tillion. Ethnologue et Résistante, créée par le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon. Le 27 mai 2015, Germaine Tillion entre au Panthéon, aux côtés de Geneviève de Gaulle – Anthonioz, Jean Zay et Pierre Brossolette.

 
 
 
Biographies 

Charles de Gaulle (1890-1970)

Général et homme d’Etat français, président de la République de 1959 à 1969. En mai 1940, il est placé à la tête d’une division et mène plusieurs attaques pendant la bataille de France. Le mois suivant, il rejette l’armistice demandé par le maréchal Pétain à l’Allemagne nazie. Le 18 juin 1940, il lance un appel à la résistance française depuis les ondes de la chaîne londonienne BBC. Son appel sera suivi par la formation de réseaux de résistance clandestins partout en France. Il devient chef de file de la France libre, une organisation de résistance qu’il forme, et mène la France à la Libération entre juin et août 1944.

 

Philippe Pétain (1856-1951)

Militaire et homme d’Etat français. Après s’être fait remarqué pour ses actions militaires fructueuses pendant la Première Guerre mondial, Pétain devient ministre de la Guerre de février à novembre 1934, puis ambassadeur de France en Espagne. Lors de l’invasion allemande du 17 mai 1940, il est rappelé par le gouvernement français et s’oppose à la poursuite de la guerre qu’il considère perdue. Le 17 juin, il appelle à l’arrêt des combats et demande un armistice à l’Allemagne. Le 10 juillet, il est investi des pleins pouvoirs par l’Assemblée nationale et se place à la tête d’un régime autoritaire, le régime de Vichy : il abolit les institutions républicaines, instaure des lois antisémites et collabore avec l’Allemagne nazie.

 

Paul Hauet (1866-1945)

Militaire et résistant. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, il s’engage dans l’artillerie coloniale et participe à la campagne du Soudan en 1898. A sa retraite, il créé l’association d’Union Nationale des Combattants Coloniaux destinée à venir en aide aux soldats coloniaux. L’association devient une vitrine d’activités clandestines dirigées par Hauet et Germaine Tillion. Après l’arrestation des membres du réseau du Musée de l’Homme, Hauet et Germaine Tillion continuent leurs activités jusqu’à l’arrestation de Paul Hauet le 5 juillet 1941, et celui de Germaine Tillion le 13 août 1942. Libéré puis de nouveau arrêté le 15 janvier 1944, Hauet est déporté le 28 juillet 1944 au camp de Neuengamme, où il décèdera le 3 janvier 1945.

 

Charles Dutheil de La Rochère (1870-1944)

Comte et résistant. Ancien élève de l’Ecole polytechnique, La Rochère devient capitaine d’artillerie de marine et participe à la campagne du Soudan (1898) avec Paul Hauet. Mobilisé en 1914, il devient lieutenant-colonel en 1918. Il s’engage dans la Résistance dès les premiers jours de l’occupation allemande et anime un secteur de résistance de la zone Nord, appelé La Vérité française. En 1941, il s’allie à Germaine Tillion, Paul Hauet et les membres du réseau du Musée de l’Homme. Il est arrêté le 3 juillet 1941 et déporté dans un camp allemand le 8 juin 1942, où il décède le 3 janvier 1944.

 

Yvonne Oddon (1902-1982)

Bibliothécaire formée à l’Ecole américaine de bibliothécaires de Paris, puis à l’Université du Michigan. En 1929, elle est recrutée au musée d’Ethnographie du Trocadéro où elle conçoit les plans de la future bibliothèque du musée de l’Homme. Membre du réseau de résistance du musée de l’Homme, elle est arrêtée en 1941 puis déportée au camp allemand de Ravensbrück en mars 1942. Dès son retour à Paris en 1945, elle consacre sa carrière au développement de la lecture publique et à la création de bibliothèques.

 

Boris Vildé (1908-1942) 

Ethnologue exilé de Russie. En 1917, il s’exile pour l’Estonie avant de séjourner en Lituanie, puis en Allemagne où il rencontre le poète français André Gide. Celui-ci le recommande à son ami Paul Rivet qui le recrute au au musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1933. Il devient linguiste spécialiste des civilisations arctiques, pui directeur du département des Peuples polaires. Membre fondateur du réseau de résistance du musée de l’Homme, il est arrêté en décembre 1941 et fusillé, avec mille autres résistants, au Mont-Valérien le 23 février 1942.

 

Anatole Lewitsky (1903-1942)

Ethnologue exilé de Russie. Comme Boris Vildé, Anatole Lewitsky fuit la Russie en 1917 pour rejoindre la Suisse où il étudie les sciences sociales. En 1924, il s’installe à Paris où il étudie l’ethnologie. Il devient spécialiste des cultures sibériennes et du chamanisme et rejoint l’équipe du musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1935.

 

Paul Rivet (1876-1958)

Médecin, anthropologue et homme politique français. Professeur de la chaire d’anthropologie du Muséum national d’Histoire naturelle, il devient directeur du Musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1928. Il participe de la création d’une discipline qui étudierait l’Homme tant dans son caractère biologique que culturel : l’ethnologie En 1938, il fonde le Musée de l’Homme dans lequel il peut exprimer. Chercheur engagé, il est partisan du Front Populaire et accueille des exilés russes dans son équipe. En 1940, il participe au mouvement de résistance français et encourage la création du réseau du Musée de l’Homme.

 
 
 
Lieux fréquentés  

Institut d’Ethnologie (1925)

En 1925, l’Institut d’ethnologie est créé par le sociologue Marcel Mauss, le philosophe Lucien Lévy-Bruhl et l’anthropologue Paul Rivet, avec le concours du ministère des Colonies. Les trois hommes étaient convaincus de la nécessité d’apporter au Musée d’Ethnographie du Trocadéro et à ses collections l’enseignement de la discipline ethnologique. L’Institut avait pour objectif de former des futurs ethnologues, et de produire les cadres et modèles théoriques nécessaires. La fondation de l’Institut d’Ethnologie participe à l’affirmation de l’ethnologie comme discipline scientifique, dont la reconnaissance publique est à la charge du Musée d’Ethnographie du Trocadéro.

 

Musée d’Ethnographie du Trocadéro (1882-1935)

Prédécesseur du Musée de l’Homme au Palais de Chaillot, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro est fondé en 1882 par Ernest Théodore Hamy. Vitrine de la puissance coloniale française dont les objets rapportés des colonies étaient exposés lors d’Expositions universelles, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro est le premier lieu français à réunir les productions matérielles de peuples de différents continents. En 1928, Paul Rivet devient directeur du musée et envisage sa refonte architecturale et muséographique en un Musée de l’Homme destiné à présenter l’histoire humaine sous ses aspects biologiques et culturels.

 

Musée de l’Homme (1938)

En 1938, le Musée de l’Homme succède au Musée d’Ethnographie du Trocadéro (1882-1935) au Palais de Chaillot, place du Trocadéro. Paul Rivet, son fondateur, avait vocation à présenter de manière pédagogique une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine, dans ses composantes biologiques et culturelles. Véritable musée-laboratoire, le musée allie exposition, enseignement et recherche. En 2003, ses collections ethnographiques sont transférées au Musée du quai Branly (Paris) et au Mucem (Marseille). En 2015, le Musée de l’Homme rouvre ses portes près six ans de fermeture. Il présente de nouveau l’histoire de l’espèce humaine à partir de trois questions – qui sommes-nous ? d’où venons-nous ? où allons-nous ? – et rétablit le concept de musée-laboratoire.

 
 
 
Bibliographie 

De Germaine Tillion

Ouvrages

« A la recherche de la vérité », in : Ravensbrück, Neuchâtel, Cahiers du Rhône, 1946, p.11-88.

L’Algérie en 1957, Paris, Ed. de Minuit, 1957. Livre réédité en 1960 sous le titre L’Afrique vers l’avenir, Paris, Ed. de Minuit. Nouvelle édition refondue L’Afrique bascule vers l’avenir, Paris, Ed. Tirésias, 1999. Texte définitif dans Combats de guerre et de paix (cf.infra).

Les ennemis complémentaires, Paris, Les Editions de Minuit 1960. Nouvelle édition refondue Les ennemis complémentaires, Guerre d’Algérie, Paris, Ed. Tirésias, 2005. Texte définitif dans Combats de guerre et de paix.

Le harem et les cousins, Paris, Editions du Seuil, 1966. Réédité en Points-Essais avec      une nouvelle préface de 1974.

Ravensbrück, Paris, Ed. du Seuil, 1973. Nouvelle édition refondue Ravensbrück, Paris, Ed. du Seuil, 1988. Réédition avec corrections Points-Essais : Ravensbrück, Paris, Ed. du Seuil, 1997.

Il était une fois l’ethnographie, Paris, Editions du Seuil, 2000

L’Algérie aurésienne, en collaboration avec Nancy Wood, Paris, La Martinière : Perrin, 2001

À la recherche du vrai et du juste. A propos rompus avec le siècle, textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov, Paris, Editions du Seuil, 2001. Texte définitif dans Combats de guerre et de paix.

Le Verfügbar aux Enfers, Paris, La Martinière, 2005

Combats de guerre de paix, textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov, Paris, Editions du Seuil, 2007. Contient les textes corrigés de A la recherche du vrai et du juste, L’Afrique bascule vers l’avenir et Les ennemis complémentaires, Guerre d’Algérie.

Fragments de vie, textes réunis et présentés par Tzvetan Todorov, Paris, Editions du Seuil, 2009

 

Entretiens

Germaine Tillion, La traversée du mal : entretien avec Jean Lacouture, Paris, Arléa, 1997. Réédition en poche avec une nouvelle préface, 2000.

Le siècle de Germaine Tillion, Paris, Ed. du Seuil, 2007 (contient la transcription de plusieurs entretiens).

M.Reynaud, L’enfant de la rue et la dame du siècle, Entretiens inédits avec Germaine Tillion, Paris, Ed. Tirésias, 2010.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Dialogues (d'après les entretiens filmés par    Jacques Kébadian et Isabelle Anthonioz-Gaggini), Paris, Plon, 2015.

Germaine Tillion, Les combats d’une ethnologue, entretiens avec Frédéric Mitterrand, Paris, Ed. EHESS, 2015.

 

Sur Germaine Tillion

Ouvrages

Jean Lacouture, Le témoignage est un combat, Paris, Seuil, 2000.

Christian Bromberger et Tzvetan Todorov, Germaine Tillion : une ethnologue dans le siècle, Arles, Actes Sud, 2002.

Nancy Wood, Germaine Tillion, une femme-mémoire, d'une Algérie à l'autre, Paris, Ed. Autrement, 2003.

Tzvetan Todorov (dir.), Le siècle de Germaine Tillion, Paris, Ed. du Seuil, 2007 (ensemble de contributions et de documents).

Donald Reid, Germaine Tillion, Lucie Aubrac, and the Politics of Memories of the French Resistance, Newcastle, Cambridge Scholars Publishing, 2007.

Tzvetan Todorov, Germaine Tillion, La pensée en action, Paris, Textuel, 2011.

Fabien Sacriste, Germaine Tillion, Jacques Berque, Jean Servier et Pierre Bourdieu : des ethnologues dans la guerre d’indépendance algérienne, Paris, L’Harmattan, 2011

Armelle Mabon, Gwendal Simon (dir.), L’engagement à travers la vie de Germaine Tillion, Lorient, Riveneuve, 2013.

Michel Cornaton, Nelly Forget, François Marquis, La guerre d'Algérie. Ethnologues de l'ombre et de la lumière, Paris, séd. L'Harmattan.

 

Etudes, divers

Michèle Coquet, « Un destin contrarié – La mission Rivière-Tillion dans l’Aurès (1935-1936) », Les Carnets de Bérose, 6, Collection missions, enquêtes et terrains – Années 30, LAHIC-DPRPS – Direction des patrimoines, 2014.

Ariane Laroux, Déjeuners chez Germaine Tillion, Paris, L’Age d’homme, 2009.

Janine Teisson, Germaine Tillion : un long combat pour la paix, Paris, Oskar jeunesse, 2010

Les robes grises, dessins et manuscrits clandestins de Jeannette L’Herminier et Germaine Tillion réalisés au camp de Ravensbrück, Médiathèque André Malraux, 5 février-26 mars 2011, Rodéo d’âme, 2011

 

Sur le camp de Ravensbrück

Bernhard Strebel, Ravensbrück : un complexe concentrationnaire, Paris, Fayard, 2005.

 

Sur la Seconde Guerre mondiale et le réseau de résistance du Musée de l’Homme

Blanc, Julien, Au commencement de la Résistance. Du côté du musée de l’Homme 1940-1941, Paris, Seuil, 2010.

Hogenhuis, Anne, Des savants dans la Résistance. Boris Vildé et le réseau du Musée de l’Homme, Paris, CNRS Editions, 2009.

Racine, Nicole, « Paul Rivet, Vichy et la France libre 1940-1944 » http://www.histoire-politique.fr/documents/01/autresArticles/pdf/paulRivet_Vichy_FranceLibre.pdf

 

Sur le musée de l’Homme

 

Alice L. Conklin, In the Museum of Man, Ithaca & Londres, Cornell University Press, 2013.

 
 
 
Association Germaine Tillion 

Des informations complémentaires sur la vie, l'oeuvre et la postérité de Germaine Tillion sont disponibles sur le site de l'association qui porte son nom:
http://www.germaine-tillion.org.