LE MUSEE DE L'HOMME (1937-2015)
Ajouter à la sélection
  • Description
  • Dossier thématique
  • Documents d'accompagnement
 
infos1
Mention(s) de responsabilités Rédacteur : Cassola Virginia
Conseiller scientifique : Grognet Fabrice
Thématique(s) Histoire du Musée de l'Homme
 
infos2
Résumé En 1938, le musée de l’Homme succède au musée d’Ethnographie du Trocadéro. Pensé par Paul Rivet pour qui « l’humanité est un tout indivisible, non seulement dans le temps mais aussi dans l’espace », il rassemble des salles de musée, une bibliothèque et des salles d’enseignement. Ce « musée-laboratoire » est destiné à formuler la nouvelle discipline ethnologique en formation et accueillir un public varié. Aujourd’hui, le musée de l’Homme repense le concept de « musée-laboratoire » avec des espaces variés.
Date de production 17/10/2015
Numéro d'inventaire DT-MHCDR-0003
 
infos3
Période(s) Epoque contemporaine (1800 - 2 000), Aujourd'hui / Epoque actuelle (2000 et +)
 
Les origines du musée de l'Homme (1928-1938) 

En 1928, Paul Rivet, professeur de la chaire d’anthropologie du Muséum national d’Histoire naturelle, obtient le rattachement administratif de la chaire au musée d’Ethnographie du Trocadéro inauguré en 1882. Il devient directeur de ce musée et imagine sa transformation en une institution qui rendrait compte de l’unité de l’espèce humaine et de la diversité de ses formes dans le monde à partir d’une science de synthèse qui associe l’étude des caractères physiques, matériels, sociaux et linguistiques des populations : l’ethnologie. Dès 1933, l’ethnomusicologue André Schaeffner propose l’expression « musée de l’Homme » pour qualifier ce nouvel établissement. Dans le même temps, le muséologue Georges Henri Rivière envisage, dès le début des années 1930, de créer un nouveau musée qui regrouperait les collections d’ethnographie des régions françaises.

Le projet de Paul Rivet s’inscrit dans la politique coloniale de la France. Pour lui, l’Homme et son étude doivent être au centre des priorités pour permettre une égalité des peuples. Le musée est alors l’élément central de cet humanisme colonial antiraciste défendu par Rivet et la politique coloniale de l’époque. Son projet s’inscrit également dans les objectifs d’éducation des masses populaires et d’attribution de nouvelles fonctions sociales au musée, développés, depuis 1936, par le Front populaire. Le musée doit proposer des textes accessibles, des visites guidées, des heures d’ouverture élargies pour accueillir les ouvriers, et une entrée gratuite le dimanche. Pour Paul Rivet :

« Notre science [l’ethnologie], par son essence même si profondément humain, doit atteindre presque sans effort toutes les classes de la société dès lors que chacun, du plus humble au plus cultivé, aura les moyens d’y accéder. » AMH, 2AP, 1B-10/b, « Le Musée de l’Homme », Vendredi, 26 juillet 1937

En 1935, Paul Rivet obtient du Sénat la somme de trois millions de francs pour lancer son projet de musée de l’Homme. Toutefois, lorsque l’architecte Jacques Carlu est désigné architecte en chef en charge de la rénovation du Palais du Trocadéro en vue de l’ouverture de l’Exposition internationale de 1937, celui-ci propose de supprimer la salle de spectacle du Palais pour dégager la vue vers la Tour Eiffel, brisant le projet de Paul Rivet d’utiliser cet espace comme réserves et galeries d’exposition. Découragé, Paul Rivet envisage de démissionner de la direction du musée d’Ethnographie du Trocadéro avant la signature d’un compromis qui garantit que les travaux n’affecteront en rien son projet. Le 20 juin 1938, le musée de l’Homme est inauguré par Albert Lebrun, président de la République, Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale, Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, et Georges Mandel, ministre des Colonies, au terme d’une soirée mondaine saluée par la presse unanime. Le compositeur Darius Milhaud et l’écrivain Robert Desnos écrivent une cantate pour l’occasion.

Le musée de l’Homme incarne l’ambition particulière de Rivet de réunir en un même lieu des collections exposées dans un musée, des laboratoires de recherche, des salles d’enseignement universitaire et une bibliothèque : c’est le « musée-laboratoire ».

 
 
Le "musée-laboratoire" 

Paul Rivet souhaite que les multiples aspects de l’être humain trouvent place dans le musée de l’Homme, arguant que « l’humanité est un tout indivisible, dans l’espace, mais aussi dans le temps ». Plusieurs entités complémentaires sont créées pour répondre à cet objectif : un ensemble de collections qui étaient conservées aumusée d’Ethnographie du Trocadéro ou au Muséum national d’Histoire naturelle, une bibliothèque, et un laboratoire de recherche qui regroupe les trois grandes disciplines fondatrices du musée de l’Homme, l’anthropologie physique, l’ethnographie et la préhistoire sous une seule discipline, l’ethnologie. Rivet envisage le musée de l’Homme comme un « musée-laboratoire », qui regroupe des collections en réserve et exposées, un centre de recherche et des salles d’enseignement. En l'espace de quelques années, le musée de l’Homme devient un haut lieu de la recherche, et des scientifiques de grande renommée y installeront leur laboratoire. Parmi eux, Claude Lévi-Strauss, Marcel Griaule, Michel Leiris, Robert Gessain, André Schaeffner, Denise Paulme, Geneviève Dieterlen, André Leroi-Gourhan, Germaine Tillion, Jean Rouch…

À la direction du musée de l’Homme, Paul Rivet poursuit les expéditions ethnographiques telles qu’il les avait inaugurées à la direction du musée d’Ethnographie du Trocadéro avec la « mission Dakar-Djibouti » (1931-1933). Ainsi, Boris Vildé et Léonide Zouroff sont-ils envoyés en Estonie-Russie (1937-1938), André Leroi-Gourhan au Japon (1937-1939), Gilbert Rouget au Congo (1946). La Seconde Guerre mondiale freine les expéditions. Au musée, Paul Rivet reste entouré d’un personnel féminin dont ses sœurs, Yvonne Oddon et Denise Paulme, les hommes étant mobilisés au front. À l’été 1940, les membres du musée forment un mouvement de résistance, le réseau du musée de l’Homme. En 1945, la fin de la guerre permet la reprise des activités du musée dont le développement du cinéma ethnographique. Dès son ouverture, le musée de l’Homme est l’un des premiers musées à introduire le média audiovisuel. Si une salle de cinéma accueille les séances de la Cinémathèque française et de sociétés savantes, elle est progressivement investie d’une véritable mission scientifique à la suite de la création d’un département de cinématographie en 1945, et de l’institutionnalisation du cinéma ethnographique au musée de l’Homme.

Les années 1960 et 1970 sont des périodes importantes pour l’évolution de la recherche au musée de l’Homme. En 1962, une chaire de préhistoire est créée ; en 1972, la chaire unique d’Ethnologie des Hommes actuels et des Hommes fossiles est scindée en deux entités distinctes : la chaire d’Ethnologie et la chaire d’Anthropologie physique. Cette division a pour conséquence une réorganisation tripartite de la direction du musée, assurée par les titulaires de chacun des trois laboratoires autonomes. Aujourd’hui, un Centre de recherche sur l’évolution de l’Homme et des sociétés regroupe deux départements de recherche, Préhistoire et Hommes, Natures, Sociétés. Ce centre est l’expression de la volonté des chercheurs de se rassembler pour renforcer une recherche interdisciplinaire sur l’Homme et son environnement et aborder de nouveaux questionnements.

Le laboratoire de recherche du musée de l’Homme de Paul Rivet s’appuie sur des collections d’objets, dont certains sont exposés dans une exposition permanente qui invite le visiteur « à faire le tour du monde en deux heures ».

 
 
"Faites le tour du monde en deux heures au musée de l'Homme (1938-2009) 

Dès son ouverture, le musée de l’Homme a vocation à présenter de manière pédagogique une synthèse de l’histoire de l’espèce humaine en proposant un discours allant du biologique au culturel et de l’universel au particulier, dans un sens unique de circulation. Une muséographie moderne héritée des expériences de Georges Henri Rivière au musée d’Ethnographie du Trocadéro propose un discours scientifique plus visuel et facile d’accès. 

Jusque dans les années 1970, le discours du musée débute dès le hall d’entrée avec un planisphère accompagné d’un éclairage particulier qui tend à attirer le visiteur à l’intérieur. S’en suit un premier espace dédié à une galerie d’anthropologie physique et de préhistoire qui présente les variétés physiques humaines – alors appelées « races » et divisées en deux parties, « races fossiles » et « races actuelles » – à travers l’exposition de crânes, squelettes, objets préhistoriques et photographies. Les pièces exposées, dont le crâne de Cro-Magnon, et la Vénus de Lespugue découverte en 1922, témoignent des liens existant entre découverte, étude et exposition au public. La visite se poursuit dans des galeries dites ethnographiques dont le sujet est la découverte de la géographie et des populations des continents : « Afrique noire et Madagascar », « Afrique blanche et Levant », « Europe » – sans la France qui est exposée dans le Musée national des Arts et Traditions Populaires voisin –, « régions arctiques », « Asie », « Océanie », et « Amériques ». Chaque salle dévolue à un continent se conforme à un modèle identique, une même signalétique et un même mode de lecture associant populations et productions matérielles, autant de preuves de la volonté pédagogique de Paul Rivet et Georges Henri Rivière de proposer une muséographie pratique et lisible. Dans une même galerie, deux parcours sont proposés selon le profil du visiteur : un discours synthétique pour les visiteurs pressés, un discours détaillé pour les autres. En conclusion du parcours, une salle propose une synthèse du discours du musée par le regroupement et la comparaison thématique d’objets de diverses origines géographiques et ethnographiques, tandis qu’une salle d’exposition temporaire présente les objets récemment collectés lors de missions, ou reçus en dons par la Société des Amis du Musée de l’Homme.

Les salles du musée de l’Homme demeurent ainsi jusque dans les années 1970, lorsqu’une transformation de la galerie d’anthropologie aboutit à la présentation de l’unité de l’espèce humaine sans classification hiérarchique des « races ». Premier pas vers un projet de rénovation globale du musée, cette étape est suivie, en 1976, de la rénovation de la galerie « Amériques » qui devait aboutir à une rénovation globale des galeries ethnographiques. À partir des années 1990, un programme de rénovation de grande envergure se concrétise par la réalisation d’expositions semi-permanentes, puis permanentes. La première exposition, la Nuit des temps, propose la découverte de l’histoire paléontologique et culturelle de l’Homme, à travers l’exposition d’objets issus de collections de préhistoire, d’anthropologie, et d’ethnologie. En 1992, l’exposition Tous parents tous différents présente les principaux résultats de la recherche en génétique des populations humaines actuelles. Elle insiste sur l’origine commune de tous les Hommes, mais rappelle la diversité génétique et physique qui fait de chacun de nous un être unique. Dès 1994, Six milliards d’hommes présente les mécanismes de la croissance de la population humaine et insiste sur l’implication de nos modes de vie dans l’avenir de notre planète. La même année, la Grande Galerie de l’Evolution du Muséum national d’Histoire naturelle présente l’Homme en tant que l’un des facteurs de l’évolution récente. Il revient alors au musée de l’Homme d’inscrire l’Homme dans l’évolution des espèces en détaillant l’histoire de la lignée humaine, et en illustrant les différentes conceptions de la nature et les usages qui en découlent selon les sociétés.

 
 
Fermeture et rénovation (2009-2015) 

Dès 1995, le musée de l’Homme est au cœur d’une volonté de valorisation des arts premiers qui comprennent les arts africains, océaniens, américains et asiatiques. En 1996, une commission du gouvernement Chirac propose le rassemblement des collections du laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme avec celles du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie* dans un nouveau « musée de l’Homme et des Arts premiers ». Si les premières observations envisagent la conception de ce nouveau musée dans les murs du musée de l’Homme et du musée de La Marine – et donc la délocalisation de ce dernier – la construction d’un nouvel établissement, quai Branly, est finalement retenue.

En 2003, le transfert des collections ethnographiques du musée de l’Homme débute et aboutit, l’année suivante, à la fermeture des galeries d’Afrique, d’Océanie, d’Amérique et d’Europe et des peuples arctiques. Les objets quittent le Musée de l’Homme pour rejoindre les vitrines du musée du quai Branly (collections extra-européennes) inauguré en 2006, et du musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (collections européennes) ouvert en 2013. En 2007, le musée de l’Homme sort de ses réserves les pièces emblématiques des collections de préhistoire et d’anthropologie physique pour l’exposition La Saga de l’Homme : l’Homme exposé, conçue comme une préfiguration du projet de rénovation du musée entamé en 2004. En 2009, les collections de préhistoire et d’anthropologie rejoignent les réserves du Muséum national d’Histoire naturelle dans l’attente de leur retour au Palais de Chaillot pour la réouverture du musée de l’Homme le 17 octobre 2015.

En conséquence de la recomposition des collections nationales d’ethnographie, le projet scientifique et culturel du musée de l’Homme a été entièrement repensé. Le nouveau musée de l’Homme a pour objectif la compréhension de l’évolution de l’Homme et des sociétés, en croisant les approches biologiques, sociales et culturelles. La Galerie de l’Homme propose une réflexion sur l’évolution de l’Homme, le resitue dans son environnement et interroge son avenir autour de trois questions : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? La Galerie est accompagnée de plusieurs espaces qui font de lui un « musée-laboratoire », lieu de découverte de l’histoire de l’Homme dans la lignée du musée de l’Homme de Paul Rivet : un Centre de recherche sur l’évolution humaine qui regroupe 150 préhistoriens, anthropologues, ethnologues et généticiens, un centre de ressources, un balcon des sciences dédiée à l’actualité de la recherche, un espace d’exposition temporaire, une bibliothèque et un auditorium.

 
 
 
Biographies 

Paul Rivet (1876-1958)

Médecin, anthropologue et homme politique français. Professeur de la chaire d’anthropologie du Muséum national d’Histoire naturelle, il devient directeur du Musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1928. Il participe de la création d’une discipline qui étudierait l’Homme tant dans son caractère biologique que culturel : l’ethnologie. En 1938, il fonde le Musée de l’Homme, dans lequel ils rassemblent des salles d’exposition, une bibliothèque et des salles d’enseignement. Chercheur engagé, il est partisan du Front Populaire et accueille des exilés russes dans son équipe dès les années 1930. En 1940, son opposition au gouvernement de Vichy le force à s’exiler, tandis qu’il encourage la création du réseau de résistance du Musée de l’Homme.

 

Georges Henri Rivière (1897-1985)

Muséologue. Aux côtés de Paul Rivet, il participe à la refonte muséographique du Musée d’Ethnographie du Trocadéro dont il nommé sous-directeur. En 1937, il participe à la création du Musée de l’Homme, et du Musée national des arts et traditions populaires avec les collections d’ethnographie française qui ne rejoignent pas les galeries du Musée de l’Homme. Premier directeur du Conseil international des musées (ICOM), il joue un rôle important dans le développement et l’enseignement de la muséologie en France. Avec Hugues de Varine, il fonde les premiers écomusées français dans les années 1970.

 

Jean Zay (1904-1944)

Homme politique français. Ministre de l’Education nationale du gouvernement du Front populaire de 1936 à 1939, il réforme en profondeur l’éducation en prolongeant l’obligation scolaire à quatorze ans et unifiant les programmes. Il soutient la création du Musée de l’Homme qu’il inaugure le 20 juin 1938. En 1939, il démissionne et rejoint l’armée avant d’être arrêté par le gouvernement de Vichy et emprisonné pour désertion, puis condamné à la déportation à vie et à la dégradation militaire. En 1944, il est assassiné par trois miliciens. Le 27 mai 2015, il rejoint le Panthéon aux côtés de Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Pierre Brossolette.

 

Front populaire (1936-1938)

Coalition de partis de gauche qui gouverne la France de 1936 à 1938. Premier gouvernement de la IIIe République dirigé par des socialistes, il est à l’origine de réformes sociales toujours en vigueur : congés payés, réduction du temps de travail, conventions collectives…Le gouvernement représenté par Albert Lebrun et Léon Blum encourage la création du Musée de l’Homme en 1938.

 
 
 
Lieux fréquentés  

Musée d’Ethnographie du Trocadéro (1882-1935)

Prédécesseur du Musée de l’Homme au Palais de Chaillot, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro est fondé en 1882 par Ernest Théodore Hamy. Vitrine de la puissance coloniale française dont les objets rapportés des colonies étaient exposés lors d’Expositions universelles, le Musée d’Ethnographie du Trocadéro est le premier lieu français à réunir les productions matérielles de peuples de différents continents. En 1928, Paul Rivet devient directeur du musée et envisage sa refonte architecturale et muséographique en un Musée de l’Homme destiné à présenter l’histoire humaine sous ses aspects biologiques et culturels.

 

Exposition universelle (1937)

En 1937 ; Paris accueille l’Exposition universelle sous le nom d’Exposition internationale des Arts et Techniques appliqués à la vie moderne. Elle est installée sur le Champ-de-Mars et dans les jardins du Trocadéro et accueille 55 pays. A cette occasion, le Palais de Trocadéro est en grande partie remanié par l’architecture Jacques Carlu et devient le Palais de Chaillot. Ce dernier accueille l’année suivante le Musée de l’Homme, destiné à démontrer au monde l’universalisme de la France.

 

Musée national des Arts et Traditions Populaires (1937)

En 1937, l’ouverture du Musée de l’Homme au Palais de Chaillot est accompagnée de l’ouverture du Musée national des Arts et Traditions Populaires. Encouragé et fondé par Georges Henri Rivière qui se donne la mission de fournir à la France son premier musée d’ethnographie, ce musée a l’intention de présenter les collections d’ethnologie française anciennement exposées dans la Salle de France du Musée d’Ethnographie du Trocadéro tandis que le domaine des arts et traditions populaires français devient un objet scientifique. En 1972, le musée est transféré au Bois de Boulogne avant de fermer définitivement ses portes en 2005. Ses collections ont été transférées au Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuCEM) à Marseille

 

Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (1990)

Aujourd’hui disparu, le musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie avait été créé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1931 sous le nom de Musée permanent des Colonies. Il avait alors pour objectif de vanter les productions des colonies et encourager les Français à s’y installer. En 2003, ses collections rejoignent le Musée du quai Branly. Depuis 2007, le bâtiment de style Art Déco accueille la Cité national de l’Histoire du l’immigration (CNHI).

 

Musée du quai Branly (2006)

Inauguré en 2006 à Paris dans l’objectif de réunir les arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique, le Musée du quai Branly regroupe les anciennes collections ethnographiques du Musée de l’Homme (250 000 objets du laboratoire d’ethnologie) et du Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie (25 000 objets). Le bâtiment, est conçu par l’architecte Jean Nouvel, accueille des salles d’expositions permanentes et temporaires, des salles d’enseignement et une médiathèque.

 

 MuCEM (2013)

Inauguré en 2013 à Marseille, le MuCEM a pour vocation de présenter les cultures de Méditerranée selon une approche comparatiste et pluridisciplinaire. Ses collections proviennent du Musée national des arts et traditions populaires inauguré en 1937 au Palais de Chaillot par Georges Henri Rivière.

 
 
 
Repères chronologiques 

1882 : Ouverture du Musée d’Ethnographie du Trocadéro par Ernest Théodore Hamy

1914 : Création de la Société des Amis du Musée d’Ethnographie du Trocadéro (SAMET)

1928 : Paul Rivet devient titulaire de la chaire d'anthropologie du Muséum national d'Histoire naturelle. Il est également nommé directeur du Musée d’Ethnographie du Trocadéro, Georges Henri Rivière est nommé sous-directeur

1934 : Montée du nazisme et du fascisme en Europe, dont en France. Création du Comité de vigilance des intellectuels anti-fascistes par Paul Rivet et Paul Langevin. Paul Rivet accueille des émigrés russes au Musée d’Ethnographie du Trocadéro

1935 : Fermeture du Musée d’Ethnographie du Trocadéro – Début des travaux au Palais de Chaillot pour l’Exposition universelle

1937 : Départ des collections d’ethnographie française pour le nouveau Musée national des Arts et Traditions populaires – Exposition internationale des arts et techniques à Paris

1938 : Inauguration du Musée de l’Homme 

1939 : Le Musée de l’Homme ferme pour quelques semaines, les collections sont mises à l’abri.

1940 : Paul Rivet ouvre le Musée de l’Homme et placarde sur ses portes le poème If de Rudyard Kyplard. Emergence des premiers mouvements de résistance en France – Création du réseau du Musée de l’Homme

1953 : Création du Comité du Film Ethnographique par Jean Rouch et André Leroi-Gourhan au Musée de l'Homme

1972 : Rénovation de la galerie d'anthropologie

1990 : Première grande exposition : La Nuit des Temps, par Henry de Lumley.

1995 : Annonce par le président de la République Jacques Chirac de la création d’un musée des civilisations et des arts premiers

2003 : Déplacement des collections d'ethnographie au musée de quai Branly et au musée national des Arts et Traditions populaires. Fermeture progressive des galeries du Musée de l’Homme

2004Le Nouveau Musée de l’Homme : publication collective d’un projet de rénovation du musée, dirigée par Jean-Pierre Mohen

2006 : Lancement du concours pour la rénovation du Musée de l’Homme. Lauréats : agence Brochet-Lajus-Pueyo pour la rénovation architecturale et atelier de scénographie Zen+dCo

2007La Saga de l’Homme. L’Homme exposé. Exposition de préfiguration du nouveau Musée de l’Homme

2009 : Fermeture au public du Musée de l’Homme pour rénovation

2015 : Réouverture du Musée de l’Homme

 
 
 
 
©M.N.H.N. - D.B.D. 
©M.N.H.N. - D.B.D. 
©[Hugo Paul Herdeg] Musée du quai Branly 
©[René Pasquino] Musée du quai Branly 
©[Hugo Paul Hergeg] Musée du quai Branly 
©[Diloutremer] Musée du quai Branly 
©[Hugo Paul Herdeg] Musée du quai Branly 
©[Hugo Paul Herdeg] Musée du quai Branly 
©M.N.H.N. - Daniel Ponsard 
©M.N.H.N. - Daniel Ponsard 
©M.N.H.N. - Daniel Ponsard 
©M.N.H.N. - JC Domenech